Le 28 mars, sur le campus du Solbosch, une dizaine de jeunes ont participé au lancement de « Racisme en itinérance ». Un projet éducatif et engagé qui vise à comprendre, déconstruire et combattre le racisme à travers la réflexion et l’action collective.
Le 28 mars dernier, sur le campus du Solbosch de l’Université libre de Bruxelles, une dizaine de jeunes issus d’horizons divers ont pris part au lancement d’un projet qui entend dépasser les approches superficielles de la question raciale. Intitulée « Racisme en itinérance », cette initiative, destinée aux 16-30 ans, ambitionne de conjuguer réflexion critique et production collective autour d’enjeux contemporains majeurs.
Dès les premiers instants, le ton est donné. « Ça nous fait très plaisir de vous voir aujourd’hui pour le lancement de ce projet », déclare Océane, représentante de l’ASBL Racism Search, en ouvrant la séance. La journée s’amorce par un bingo humain, exercice à la fois ludique et stratégique. Derrière cette entrée en matière volontairement légère se dessine une intention : instaurer un climat de confiance propice à la libération de la parole. Très rapidement, les échanges gagnent en densité. Les participants confrontent leurs expériences, interrogent leurs perceptions et s’attachent à nommer des réalités souvent complexes, parfois douloureuses.
Encadrés par plusieurs actrices du tissu associatif Océane pour Racism Search, Honorine pour Migration Responsable et Inès pour ULB Engagée, les jeunes sont invités à dépasser les discours convenus. « Comme ça parlait du racisme et de la discrimination, de l’immigration aussi… ce sont des sujets qui m’ont profondément marqué », confie Axel Tsemo, participant, témoignant de l’impact immédiat de cette première rencontre.
Porté par l’ASBL COCAD en partenariat avec Racism Search, Migration Responsable, ULB Engagée et Orbite Média, le projet se distingue par sa volonté de prolonger la réflexion au-delà du cadre discursif. Il s’inscrit dans une dynamique d’action concrète : les participants seront amenés à concevoir des outils de sensibilisation, tels que des capsules vidéo ou encore un jeu pédagogique autour des discriminations. « Je trouve que nous avons déjà amorcé une dynamique intéressante, et je me réjouis à l’idée de rencontrer les autres jeunes qui rejoindront le projet », souligne Laurie Van Buggenhout, également participante.
Ce parcours s’articulera autour de deux sessions de formation obligatoires. La première, prévue le 25 avril, sera consacrée à l’histoire de la colonisation belge et à ses prolongements postcoloniaux. La seconde, le 9 mai, abordera les dynamiques migratoires Sud-Nord ainsi que les rapports Nord-Sud contemporains. Gratuit mais soumis à inscription, le programme vise à renforcer les capacités d’analyse critique des participants, tout en leur offrant les outils nécessaires à une appropriation éclairée de ces problématiques.
Présent lors de cette journée inaugurale, l’enseignant et chercheur Raoul Foné a tenu à saluer l’initiative : « Nous avons pu constater que ces jeunes ont beaucoup à offrir, mais également beaucoup à nous apprendre. » Une appréciation qui met en avant l’un des enjeux fondamentaux du projet : reconnaître la jeunesse non seulement comme réceptrice, mais aussi comme productrice de savoirs et d’engagements.
Dans un contexte où les débats relatifs au racisme demeurent souvent polarisés et réducteurs, « Racisme en itinérance » propose une démarche fondée sur la compréhension, le dialogue et l’action. Une approche qui rappelle, en filigrane, que la lutte contre le racisme ne saurait se limiter à une posture déclarative, mais requiert un travail collectif, rigoureux et durable.

























